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L’anxiété... ou quand votre cerveau vous joue des tours

25 mai 2020
Par La Haute Voltige

Les peurs chez l’enfant et l’adolescent

La peur est normale chez l’enfant. Certaines peurs surviennent tout au long de son développement alors qu’il explore de plus en plus son environnement. Il n’est pas rare de voir apparaître des peurs qui seront transitoires et qui disparaîtront normalement d’elles-mêmes. Voici une liste non-exhaustive de peurs selon l’âge :

  • 8 mois: Angoisse de séparation (peur des étrangers, peur de l’abandon)
  • vers 1 an: Peur des bruits (aspirateur, téléphone, mélangeur)
  • vers 18 mois: Peur des monstres ou de la noirceur alors que l’enfant s’endormait seul avant
  • 2 à 4 ans: Peur des animaux, des orages, des clowns, du Père Noël, des créatures imaginaires (sorcières, fantômes, robots)
  • 5 à 12 ans: Peurs associées à un objet ou une situation particulière (insectes, voleurs, kidnapping, médecins, dentistes, peur du vide, des accidents). Peurs des catastrophes naturelles, de la guerre et des images d’actualité.
  • 12 à 18 ans: Peur du jugement des autres (rejet, prendre la parole en public, foules)

Source Naître et grandir

Ces peurs demeurent développementales tant qu’elles n’empêchent pas l’enfant de se développer normalement et de vivre son quotidien. Il est important de considérer une consultation si la peur devient handicapante au quotidien ou si elle persiste au-delà de la période développementale attendue. En attendant, il reste important de ne pas prendre ces peurs passagères à la légère. Voici quelques conseils en ce sens :

  • Prenez au sérieux la peur de votre enfant en l’écoutant et en le questionnant.
  • Renforcer son courage et augmenter son sentiment de contrôle en le faisant participer à la recherche de solutions.
  • Utiliser le dessin, les jeux et les histoires pour comprendre ses peurs.
  • Souligner ses efforts et ses réussites en utilisant des renforcements positifs (Ex : moment agréable avec le parent)

La peur est une réaction physiologique et psychologique normale. Le corps et l’esprit se mobilisent afin de faire face à un danger. La peur est donc essentielle dans des contextes où il y a la présence d’une menace. Il est donc normal, dans ces moments, de ressentir des sensations physiques désagréables, d’avoir des pensées dérangeantes ou encore d’avoir des comportements d’évitement par exemple. Toutefois, il y a des situations où le cerveau peut détecter un danger alors qu’il n’en existe pas actuellement. C’est ce qu’on appelle de l’anxiété. Le simple fait d’imaginer une situation dangereuse peut alors déclencher les mêmes réactions physiques et psychologiques. 

Nos ancêtres les plus anciens ont toujours eu ce système de peur qui lui ont sauvé la vie à plusieurs reprises lorsqu’ils étaient face à un danger imminent. Le corps s’activait afin de lui permettre de s’enfuir ou de combattre.

Par exemple, les battements cardiaques s’accéléraient pour permettre un plus grand flux sanguin dans les muscles. Ces derniers se crispaient pour être prêts à réagir. La respiration aussi augmentait et la vision devenait plus précise. Le corps emmagasinait alors beaucoup d’énergie pour se défendre. Aujourd’hui, nous avons beaucoup évolué, mais ce système de peur est resté le même. Alors, face à un danger réel, votre corps continue de réagir de la même manière que celui de nos ancêtres. Toutefois, dans notre monde actuel, il existe une autre sorte de menace que l’on appelle menace imaginée ou anticipée (anxiété).

Notre cerveau est excellent pour nous protéger, mais aussi pour nous jouer des tours. Il peut donc arriver que nous nous imaginions une menace ou que nous craignions que celle-ci arrive. C’est ce que l’on nomme de l’anticipation. Par contre, notre corps ne fait pas la différence entre une menace réelle et celle que nous imaginons/anticipons. De ce fait, il réagit de la même manière et avec la même intensité dans les deux cas. Cela explique pourquoi nous ressentons plusieurs symptômes physiques désagréables lorsque nous imaginons ou anticipons l’arrivée d’une menace. Toute cette énergie créée par notre corps qui autrefois était dépensé rapidement en combattant ou en fuyant est prise en nous puisque la menace est cachée dans notre cerveau.

Heureusement, il existe des stratégies efficaces développées par les professionnels pour identifier les tours joués par notre cerveau, diminuer les symptômes physiques et tolérer les sensations désagréables. 

Saviez-vous que…

Afin de paraître plus gros et menaçants, les poils des animaux se hérissent? Cette réaction physiologique sert aussi à contrôler la température corporelle. Avez-vous remarqué que ce phénomène est encore aussi présent chez les humains lors d’une grande réaction de peur?

Quand le détecteur de fumée retentit :

Nous avons tous une alarme interne de peur qui ressemble à celle d’un détecteur de fumée. Tout comme le détecteur de fumée, notre alarme interne peut se tromper. En effet, le détecteur de fumée peut s’imaginer un incendie et se mettre à sonner bruyamment. Nous savons très bien qu’il peut s’agir d’un vrai feu, mais aussi d’une fausse alarme.

Le détecteur de fumée de votre maison a-t-il déjà sonné alors que vos rôties étaient simplement un peu trop cuites? Qu’il s’agisse de rôties brûlées (danger imaginé) ou d’un vrai incendie (danger réel), le détecteur de fumée sonnera à la même intensité. C’est la même chose avec votre alarme intérieure. Elle peut s’activer même lorsque vous imaginez qu’il y a ou qu’il pourrait y avoir un danger. Votre alarme intérieure ne fait pas encore la différence entre une menace réelle ou une menace imaginée/anticipée. Il faut donc s’exercer à détecter si l’alarme est réelle et à baisser le son si la menace est imaginée ou peu probable.

En ce sens, plusieurs exercices peuvent être faits pour réduire l’intensité à laquelle votre système d’alarme sonne. De cette façon, vous pourrez continuer vos activités quotidiennes sans être toujours interrompu par cette sonnerie bruyante.  

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